HAROPA

Trafics HAROPA : 90 millions de tonnes de trafic maritime traités en 2019

Avec 90 millions de tonnes de trafic maritime, 2019 a été marquée par une baisse de 5 %, imputable aux vracs énergétiques solides et liquides, du fait non seulement d’arrêts techniques subis sur les unités de raffinage de la vallée de la Seine mais aussi de la perspective de la fin d’activité de la centrale à charbon du Havre. Avec un total de 2,9 millions d’EVP, les trafics maritimes de conteneurs subissent une baisse de 3,5 % malgré la bonne tenue des trafics hinterland restés stables sur l’année alors que le mois de décembre a été nettement impacté par le conflit social lié à la réforme des retraites.
- Port de Haropa

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En revanche, les exportations de céréales ont été en forte croissance avec la 2e meilleure performance de ces vingt dernières années, soit +9,3 % à 8,3 millions des tonnes.

2019 a également connu une hausse exceptionnelle des trafics fluviaux, portée principalement par le trafic de conteneurs maritimes et urbains, le dynamisme du secteur de la construction lié au Grand Paris ainsi que la croissance des exportations de céréales. Avec plus de 25 millions des tonnes manutentionnées en Ile-de-France, l’activité portuaire fluviale n’avait pas atteint un tel niveau depuis 1992.

TRAFIC FLUVIAL : RECORD HISTORIQUE

Les filières vrac et conteneur progressent de 13 % et s’établissent en Ile-de France à plus de 25 millions de tonnes (meilleur chiffre depuis 1992). Cette performance est portée par l’ensemble des segments de trafics matérialisant une très bonne dynamique de report modal en faveur de la voie d’eau : les conteneurs maritimes progressent de 19% - un record - la logistique de distribution urbaine du dernier kilomètre de 43 % et le transport de déchets de 12,5 %).

"En très forte progression, le transport fluvial sur la Seine atteint des niveaux records. Ces résultats très positifs démontrent la capacité de HAROPA à catalyser des solutions logistiques multimodales plus propres et efficaces qui trouvent leur point d’atterrissage sur nos terminaux franciliens. Une excellente nouvelle pour la connectivité logistique d’Ile-de-France et le développement durable"
Sébastien Hennick, directeur général HAROPA – Ports de Paris par intérim.

TRAFIC MARITIME : PROGRESSION DE L’HINTERLAND ET DES MODES MASSIFIÉS

En 2019, le trafic maritime atteint 90 Mt. Le recul enregistré (-5% soit - 4,8 Mt) est entièrement imputable à deux facteurs :
Un facteur principal, identifié de longue date : la baisse des trafics liés aux différentes énergies carbonées. La diminution enregistrée dans l’ensemble "pétrole brut + charbon" compte ainsi pour plus de 80% dans la baisse du trafic maritime global.

Cette baisse du trafic maritime liée aux différentes énergies carbonées découle elle-même de trois faits générateurs :

  • des grands arrêts techniques programmés de raffineries : Total Gonfreville et ExxonMobil
  • des arrêts techniques subis de raffineries :

- Total Gonfreville : incendie début décembre du système de pompage de brut en amont des unités de raffinage, qui a créé des dégâts collatéraux sur ces unités (a priori, la raffinerie sera arrêtée pendant au moins 10 mois).
- Total Grandpuits : l’accident sur le pipeline (février 2019) a provoqué un arrêt de la raffinerie de 6 mois.

  • l’arrêt définitif de la centrale thermique du Havre programmé par EDF en 2021, qui provoque dès à présent un ralentissement des approvisionnements en charbon.

Au-delà des arrêts conjoncturels, cette décroissance des trafics liés aux énergies carbonées est appelée à se poursuivre dans le cadre de la transition énergétique (le plan stratégique de HAROPA 2020-2025 estime à -2 % le recul sur la période) appelant l’ensemble portuaire à dynamiser les filières relais de croissance.

Un facteur aggravant : les mouvements sociaux liés à la réforme nationale des retraites, qui ont émaillé la fin de l’année 2019. Pour la filière conteneurs notamment, le mois de décembre 2019 s’est traduit par l’annulation de 52 escales de porte-conteneurs et une perte de trafic de 866 000 tonnes (environ 50000 EVP). Ces 50 000 EVP manquants comptent pour environ 18 % dans la baisse de notre trafic maritime global.

Sans ces ralentissements liés à une conjoncture particulièrement défavorable (à laquelle s’ajoutent les mouvements sociaux de fin d’année), le trafic affiche une progression de 1%.

CONTENEURS

Le bilan s’établit à 2,9 MEVP, soit 28 Mt. Les mouvements sociaux de décembre ont fortement impacté le trafic de conteneurs et expliquent en grande partie la baisse de trafic de 3,5 % (-104 000 EVP) par rapport à 2018. L’autre facteur est le recul du transbordement (-72 000 EVP ; -9,5 % sur le champ du transbordement).

En revanche, on notera :

  • la bonne tenue du trafic des conteneurs pleins hinterland (stable à 1,7 MEVP) : la forte progression de ce secteur sur les onze premiers mois souligne l’élargissement progressif du périmètre de HAROPA ;
  • la progression des modes massifiés dans les pré-post acheminements de conteneurs : la part du fluvial sur l’hinterland augmente à 9,9 % (9,5 % en 2018) et la part du ferroviaire sur l’hinterland progresse à 4,7 % (contre 3,8 % en 2018) ;
  • la progression de l’activité du terminal multimodal du Havre, confirmant la pertinence de ses services : +18 % avec 148 000 EVP ;
  • les bons chiffres du terminal multimodal de Gennevilliers, qui progresse de 13 %.

"2019 confirme la solidité et la croissance de certaines filières stratégiques : parmi elles figurent les conteneurs maritimes sur l’hinterland, créateurs de valeur ajoutée pour les territoires. Ce développement se conjugue avec une activité fluviale et ferroviaire en plein essor sur nos terminaux multimodaux et avec de nombreux développements logistiques programmés.
Baptiste Maurand, directeur général HAROPA - Port du Havre.

VRACS SOLIDES

Cette dynamique (+3,8 % à 14 Mt) est portée par le trafic de céréales à Rouen (+ 9,3 % à 8,3 Mt) qui affiche un record en rendement et en qualité ; le tonnage de céréales exportées via les ports HAROPA représente la 2e meilleure performance de ces vingt dernières années.

Les bons résultats sont aussi portés par le trafic record BTP à Ports de Paris : + 39 % sur la filière ciment/clinker, liés aux travaux en Ile-de-France. A noter :

  • hors charbon (baisse de 52 % essentiellement due à l’arrêt du trafic charbon au Havre), les vracs solides augmentent de près de 7 % ;
  • le développement des segments biocarburants et biomasse, qui bénéficient de perspectives de croissance favorables, en lien avec les enjeux de la transition énergétique ; les trafics de la filière Bois énergie ont ainsi été multipliés par plus de 4 sur 1 an.

"Rouen a traité près de 23,5 millions de tonnes de marchandises (+2,5 %). Ce chiffre affiche le dynamisme de notre port et confirme sa croissance continue depuis deux ans. Après une année 2018 marquée par la diversification, 2019 se caractérise par une meilleure compétitivité sur les trafics socles du Port. L’approfondissement du chenal qui nous a permis d’accueillir des navires de très forts tirants d’eau, profite ainsi à différentes filières : les céréales atteignent notamment des records, qui comptent parmi les meilleurs résultats depuis vingt ans, tandis que les exportations de produits pétroliers augmentent de 15 %."
Pascal Gabet, directeur général HAROPA – Port de Rouen.

VRACS LIQUIDES

Le fléchissement (-7,5 % à 46 Mt) s’explique essentiellement par la fermeture du pipeline d’Ile-de-France et de la raffinerie de Grandpuits de fin février à mi-juillet (détection d’une fuite de pétrole) ainsi que par l’arrêt programmé de la raffinerie de Total à Gonfreville L’Orcher de septembre à fin novembre et l’incendie déclaré le 14 décembre sur une pompe dudit site. Hors pétrole brut, le trafic des vracs liquides (dont produits raffinés et hydrocarbures gazeux) progresse de 2 % à 25 Mt.

ROULIER

Le ralentissement (- 5,4 %) est lié au taux d’occupation des surfaces de stockage de véhicules qui atteint 100 %, couplé à un changement de « business model » des opérateurs ; ces derniers effectuent en effet sur les véhicules de plus en plus de travaux de finalisation/customisation et doivent en conséquence absorber une durée de stockage moyenne plus longue. A noter également une part plus importante de l’activité import (60%) avec des durées de stockage de 10 jours en moyenne, qui impactent le taux de remplissage du terminal.

Le port du Havre réorganise l’occupation des surfaces afin de gagner 7 000 places de stockage et entreprend à l’est du terminal roulier des travaux d’extension (20 ha) qui permettront de gagner à terme 10 000 emplacements supplémentaires.

CROISIERES MARITIMES

Après une année 2018 exceptionnelle, les résultats sont conformes aux attentes : 420 600 passagers ; 218 escales. Pour 2020, le marché s’ouvre et les bateaux en construction qui sortent progressivement des chantiers permettent d’envisager l’avenir raisonnablement.

A noter la bonne performance du terminal croisières de Honfleur qui pour la première fois atteint 60 escales et la poursuite de la dynamique sur le terminal de croisière de Rouen (+14 % en passagers).

"Les résultats en demi-teinte de l’année 2019 nous montrent à la fois la force de HAROPA avec son offre maritime et fluviale multi-filières et nos marges de progrès. Mon ambition qui sera matérialisée par notre futur plan stratégique 2020-2025 est de réussir, avec nos places et écosystèmes portuaires, les défis qui sont devant nous au service des clients et des territoires."
Catherine Rivoallon, préfiguratrice de l’établissement public portuaire de la Seine.

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